Action communiste

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Nous contacter : Yvette Genestal  < acotp@club-internet.fr >
Vendredi 20 avril 2007

Un scrutin dangereux et antidémocratique


Dans leur grande majorité, les Français n’ont rien à attendre de bon de cette élection présidentielle truquée.



Truquée par l’intox des médias et des sondages ; truquée aussi par un système électoral non représentatif de l’opinion publique. A preuve, les 90% de députés largement désavoués par les électeurs pour s’être prononcés en faveur du « oui » à la constitution européenne. Ce sont pourtant les candidats partisans du « oui » qui sont donnés favoris pour la présidence de la République.

De plus, aucun d’entre eux ne pose la question de fond : « Comment récupérer les dizaines de milliards de profits et comment et au service de qui les utiliser ? ». Le patronat et les banques peuvent se frotter les mains, la France risque fort d’être gouvernée à droite. A droite avec Sarkozy ou Bayrou mais à droite aussi avec le PS de Ségolène Royal qui est si proche de l’UDF que Cohn Bendit presse ces deux partis de s’unir ! Paradoxalement, les candidats des partis de gauche approuvés par une majorité d’électeurs pour avoir milité en faveur du « non » à la constitution européenne sont crédités des scores les plus bas. Ce sont pourtant les seuls à poser peu ou prou les questions de classes. S’il faut voir là le résultat de l’intox et d’un système électoral vicié, il faut aussi y voir le résultat d’une bataille idéologique momentanément gagnée par la grande bourgeoisie. Celle-ci a réussi à faire croire que les lois économiques s’imposaient aux hommes et que le capitalisme – nommé aujourd’hui libéralisme pour être plus toléré – était le seul système de société possible. Cette emprise idéologique a d’ailleurs été grandement facilitée par un PCF affaibli pour avoir jugé jusqu’au bout « globalement positif » le bilan des pays socialistes, pour avoir collaboré avec le PS dans des gouvernements aux politiques désastreuses et pour avoir renoncé à ses idéaux tout en maintenant une alliance électorale et suicidaire avec le PS.

Dans ces conditions, seules les luttes peuvent déboucher sur le progrès. Les luttes pour contrecarrer les mauvais coups du patronat et du pouvoir. Les luttes porteuses de projets sociaux et démocratiques. Les luttes forgeant une union populaire d’où renaîtra un parti communiste fort et fiable, au service du peuple et de la Nation.

Michel Barrière



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Vendredi 30 mars 2007
 A l’occasion du 50ème anniversaire de la signature du Traité de Rome, 27 partis communistes et progressistes ont adopté une déclaration commune à l’initiative du Parti communiste portugais.

Nous déplorons qu’une fois de plus, la direction du PCF ait refusé de s’associer à une démarche internationale de partis communistes. Nous lui demandons d’expliquer ses points de désaccord avec ce texte.

     Le Traité de Rome, fondant la Communauté économique européenne (CEE), a été le résultat d’un choix des grandes puissances et du capitalisme monopoliste ouest-européen. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, les développements de l’UE valident l’action des forces qui ont combattu ses politiques, qui ont dit NON et continuent à dire NON au Traité de Maastricht, qui ont exprimé leur opposition à la « Constitution » européenne. Ils donnent raison à ceux qui luttent contre l’Union européenne du grand capital, véritable directoire des grandes puissances néolibérales et militaristes. Les objectifs propagés par les forces politiques dominantes dans les pays de l’UE, les socio-démocrates, les conservateurs et autres forces de droite, se sont révélés des annonces mensongères qu’il s’agisse de la convergence des économies nationales, de la réduction du chômage, de l’amélioration des conditions de travail, de l’établissement de la démocratie et la paix, d’un développement commun sur un pied d’égalité.

     L’UE a pour mission de renforcer le capital transnational à base européenne et les grandes firmes des principales puissances européennes, en étendant leur pouvoir économique et leur emprise sur les choix politiques européens et nationaux, en remettant en cause les droits et acquis des travailleurs, en ouvrant de nouveaux marchés et ressources naturelles à l’exploitation. Cette voie conduit à l’accroissement des inégalités sociales, des déséquilibres régionaux, à l’extension de la pauvreté et de l’exclusion.

     En ce moment, les attaques redoublent contre les salariés, les systèmes de retraite et de sécurité sociale, le droit du travail et le droit syndical. Des droits fondamentaux comme l’éducation, la santé, la protection sociale sont convertis en sources de profits pour le grand capital. Exploitation, chômage et précarité s’accroissent. Pendant que sont imposées à certains des pays les plus pauvres du monde des règles commerciales injustes, des murs sont élevés autour de la forteresse Europe contre les migrants. Les exploitations agricoles familiales, la pêche artisanale sont ruinées, les artisans et les petites entreprises indépendantes sont écrasés sous la domination des groupes financiers et de la grande distribution. Les libertés démocratiques subissent des coups sérieux.

      L’anti-communisme progresse encouragé par certains gouvernements européens ou par les institutions de l’Union européenne elles-mêmes. Les mesures d’interdiction et de persécution des forces politiques de gauche, des anticapitalistes et des mouvements populaires se généralisent. Racisme et xénophobie sont encouragés. La militarisation de l’UE progresse, tout autant que sa collaboration avec l’OTAN et les USA dans des guerres impérialistes : en Afghanistan, en Irak, en laissant les vols illégaux de la CIA survoler les pays de l’UE, dans les pressions exercées contre Cuba socialiste, le Venezuela bolivarien, contre tous les pays et les peuples qui résistent. Sur « recommandation » de l’OTAN et de la Commission européenne, les dépenses militaires augmentent et la course aux armements reprend. Le grand capital européen utilise l’élargissement de l’UE et de l’OTAN à l’est, tout comme la politique de pression sur les Etats souverains de l’est, pour mener plus avant ses propres objectifs de domination politique, économique et géostratégique.

     La souveraineté et l’indépendance des peuples et nations sont de plus en plus remises en cause. Malgré le rejet que les peuples français et néerlandais ont pu exprimer, il est projeté de relancer le « traité constitutionnel ». Cette attaque globale de l’impérialisme est confrontée à des luttes prometteuses des travailleurs et des peuples. Nous les saluons. Nos partis entendent renforcer leur coopération et leur action commune. Ils entendent contribuer activement à renforcer les organisations de lutte de la classe ouvrière, le mouvement anti-impérialiste, pour résister, combattre le néo-libéralisme et le militarisme et gagner le rejet du « traité constitutionnel ». Nous appelons à la promotion de contre-projets répondant aux besoins et à l’intérêt des peuples et affirmons que le socialisme est la vraie alternative pour les peuples du continent européen.

     Nous appelons à la convergence des actions et des luttes qui jettent les jalons d’une Europe de paix, de coopération entre Etats souverains, égaux en droit, une Europe du plein-emploi et d’un véritable développement économique et social, une Europe ouverte sur le monde, promouvant l’amitié entre les peuples, respectueuse du droit de chacun au développement économique et social. Une Europe au service de la paix mondiale qui s’engage pour une résolution pacifique des conflits.

Le 23 mars 2007


Parmi les 27 partis signataires : Le Parti communiste du Portugal (PCP), le Parti communiste de Grèce (KKE), le parti communiste de Bohême-Moravie (République tchèque KSCM), le Parti communiste allemand (DKP), AKEL (parti communiste de Chypre), le parti socialiste ouvrier de Hongrie (PSOH), le Parti communiste d’Espagne (PCE), les partis communistes d’Irlande, de Norvège, de Finlande, du Luxembourg, de Grande-Bretagne, de Turquie…
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Lundi 5 février 2007

L’Europe a été voulue par le patronat et ses commis politiques afin d’accroître les profits du CAC 40.

Leur but ?  Dévaloriser la force de travail en s’attaquant à ses trois composantes : sa formation ( éducation), sa rétribution ( salaires), sa reconstitution ( santé, allocations familiales…).

Leurs moyens ?  Ouvrir sans cesse l’Europe à de nouveaux pays pour aligner par le bas les niveaux de vie et imposer ces régressions en faisant adopter une constitution européenne.  L’UMP, l’UDF et le PS qui ont fait campagne pour une telle constitution ont été désavoués par les Français. 

Qu’à ne cela ne tienne, ils ne désarment pas.  En Juin 2006, ces 3 partis ont voté en catimini l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union Européenne sans consultation des Français alors que nos institutions prévient un référendum pour toute nouvelle adhésion.  Ainsi Sarkozy, Bayrou et Royal ont fait la preuve de leur mépris à l’égard des lois et de leur crainte de l’opinion publique.  Ce faisant, ils ont permis au patronat d’accroître l’exploitation des travailleurs tout en mettant celui-ci un peu plus à l’abri des lois puisque l’Europe est maintenant dirigée par la droite avec le concours de l’extrême-droite depuis l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Europe.

Après cela, Sarkozy, Bayrou et Royal font preuve d’un brave culot en parlant d’Europe sociale.

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Lundi 5 février 2007

Ci-joint une note de lecture, un point de vue de Yvonne Bollmann qui invite à la réflexion, ainsi qu’une dépêche de L’AFP sur les relations actuelles entre la Pologne et l’Allemagne. Je rappelle par la même occasion qu’à différentes reprises des ministres allemands en fonction tel J Fischer, ont revendiqué ouvertement pour leur pays, une hégémonie sur l’Europe. Actuellement l’Europe supranationale est sous domination atlantiste, germano-américaine.


Claude Beaulieu.

 

La faute de M. Monnet (Fayard, octobre 2006)

de Jean-Pierre Chevènement


M. Chevènement ne s’est pas seulement rallié à Mme. Royal. Comme le montre son dernier livre, il a aussi fait allégeance à l’Allemagne.

 

Dans « La faute de M. Monnet », rien, au début, n’annonce un tel revirement. Le lecteur y trouve « une réfutation en règle de l’idéologie post-nationale, théorisée par Jürgen Habermas, qui prétend déconnecter la démocratie de la nation ». M. Chevènement écrit que cette théorie « entend rompre avec la conception ethnique de la nation ». Il rappelle que l’identité post-nationale est définie essentiellement « par l’adhésion à des principes moraux et juridiques universels et par l’acceptation de procédures supranationales permettant de prendre collectivement des décisions ». Dans le sillage d’une telle conception, l’adoption d’une Constitution européenne aurait, selon M. Chevènement, « légitimé l’extension à l’Europe de la notion de patriotisme constitutionnel par lequel Habermas définit le patriotisme allemand d’après 1945 ».

 

Mais M. Chevènement pense qu’ « on ne se défait pas si facilement des vieilles habitudes de penser ». Il estime en effet que dans sa vision d’un Etat européen supranational, Jürgen Habermas «  refoule les nations constitutives à l'état de "subcultures" particulières, c'est-à-dire de nations ethnocentriques. Cette démarche qui vise à dissocier, par un mouvement d'abstraction des particularités, le post-national, voulu, et le national, subi, aboutit paradoxalement sur le terrain à une régression de l'idée de nation républicaine vers une idée ethnico-culturelle ». M. Chevènement trouve « amusant de voir que Habermas recrée ainsi ce avec quoi il voulait rompre : la vieille conception allemande, particulariste, de l'idée nationale ». Il était temps que quelqu’un règle enfin son compte à Jürgen Habermas, dont la théorie post-nationale est l’alibi parfait pour la politique d’intérêt national que l’Allemagne mène tous azimuts.

 

M. Chevènement n’applique toutefois pas son analyse critique à l’Allemagne elle-même. Porté par son désir d’une « phase de maturation intellectuelle et pratique » dans les relations entre nos deux pays, d’« intimité intellectuelle dans le couple franco-allemand », il trace d’elle une image conforme peut-être à ses rêves, mais pas à la réalité. Il écrit ainsi que « l'abandon du jus sanguinis par l'Allemagne a aussi correspondu au retour dans les frontières de l'Allemagne fédérale des dernières minorités allemandes expatriées, notamment en Russie ». Or l'Allemagne n'a pas abandonné totalement le droit du sang et, ceci allant avec cela, il y a encore des « minorités allemandes » dans plusieurs pays. On ne saurait donc affirmer que « le problème des minorités allemandes ne se pose plus ». Leur existence, réelle ou prétendue, est même pour l’Allemagne un puissant outil de déstabilisation, qu’elle ne manque pas d’utiliser ici et là, dans des pays proches d’elle ou plus éloignés, y compris pour la France à propos de l’Alsace. Nier ce fait revient à se priver d’armes pour combattre la résistible ascension du principe ethnique.
Il y a plus grave. Cette longanimité soudaine de M. Chevènement l’amène à se renier lui-même, à rendre nul et non avenu son Non du 29 mai. L’Allemagne, écrit-il, « devrait voir, à travers un "petit traité institutionnel", son poids démographique reconnu, comme le prévoyait le projet de "Constitution", selon une double règle de majorité (majorité des Etats et majorité de 65% de la population). Cela supposerait l'acceptation de l'Espagne et de la Pologne (dotées de 27 voix chacune au Conseil européen par le traité de Nice, contre 29 aux "cinq grands") et la renonciation par la France  au principe de parité posé par Jean Monnet lui-même aux débuts de la construction européenne ». M. Chevènement se montre ici plus monnetiste que l’« Inspirateur », et un bon serviteur de l’intérêt national … allemand. Il propose un « petit » traité, comme s’il s’agissait de presque rien,  pour une réforme décisive.

La France, poursuit-il, « doit être capable de faire à l'Allemagne cette concession, qui n'est pas mince. Elle donnerait en effet à l'Allemagne la possibilité de constituer, plus facilement que la France, des minorités de blocage dans les votes du Conseil (...) En échange de cette concession, l'Allemagne devrait accepter de privilégier le choix d'un gouvernement économique de la zone euro, c'est-à-dire d'un recentrage de son économie sur l'Europe ». M. Chevènement écrit que « la France, l’Italie, l’Espagne, d’autres encore ont tout à gagner à réunir leurs efforts pour convaincre l’Allemagne » de jouer cette carte. Il ne croit donc plus la France capable à elle seule de modifier le cours des choses, face à une Allemagne dont le choix souverain serait le seul qui compte « en dernier ressort ».

 

Pour finir, comme s’il n’avait jamais dit Non, M. Chevènement écrit que « du fait que les conditions de possibilité d’une fédération européenne ne sont pas réunies aujourd’hui, même entre quelques Etats (à commencer par la France et l’Allemagne), on ne peut pas déduire qu’elles ne le seront jamais ». En Allemagne, on doit bien rire de ce retournement !

 

14 décembre 2006

 


VARSOVIE, 16 déc 2006 (AFP) -
Le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a dénoncé un retour en Allemagne d'une idéologie nationale accompagnée d'une tentative radicale de réviser l'Histoire, dans une
interview parue samedi dans le quotidien
           "Rzeczpospolita"
.

"Nous observons en Allemagne un processus plus profond qu'une simple attitude de tel ou autre gouvernement.
Il s'agit d'une renationalisation de la politique, d'une remise en question exceptionnellement radicale des jugements historiques
", a estimé le chef du gouvernement polonais.
"C'est un nouveau type d'idéologie nationale", a-t-il affirmé, en ajoutant qu'elle "fait abstraction des faits et crée une fausse conscience de la réalité".
Il a aussi regretté   "l'antipolonisme évident, souvent raciste, d'une partie des Allemands".
Depuis leur arrivée au pouvoir à l'automne 2005, les frères jumeaux Kaczynski ont multiplié les attaques contre l'Allemagne mais jusqu'à présent aucun des deux frères, Jaroslaw, Premier ministre, et Lech, président, n'avaient tenu des propos aussi virulents.
La réaction de Jaroslaw Kaczynski intervient après l'annonce vendredi du dépôt de plaintes devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) par une organisation privée représentant des Allemands expulsés après 1945 ("Preussische  Treuhand") qui souhaitent récupérer des biens ou obtenir des réparations de la part de la Pologne.
Le
gouverment allemand répète qu'il ne soutient pas ces initiatives individuelles mais la Pologne estime qu'il n'en fait pas assez pour bloquer ces revendications, qui pourraient théoriquement concerner 34% de son territoire actuel.
A la demande de Staline, les alliés vainqueurs des nazis ont accepté en 1945 de déplacer la Pologne vers l'Ouest. L'URSS s'est appropriée une partie de la Pologne et la Pologne a reçu des territoires appartenant à l'Allemagne depuis des siècles.
L'organisation "Preussische Treuhand" estime qu'environ un million d'Allemands ont perdu une propriété dans l'actuelle Pologne.
"L'Allemagne n'a pas expliqué pleinement sa position légale face à la propriété en Pologne. Ses déclarations dans ce domaine restent insuffisantes", s'est plaint samedi M. Kaczynski.
Il a déploré que que la chancelière Angela Merkel ait rejeté sa proposition de conclure un traité dans lequel les deux pays renonceraient mutuellement à toute revendication financière.
Vendredi, à Bruxelles, le président polonais Lech Kaczynski, frère jumeau du chef du gouvernement, avait déjà averti que la démarche de la "Preussische Treuhand" pourrait nuire gravement aux relations polono-allemandes.
"J'ai toujours craint qu'un jour, en se basant sur des mécanismes légaux européens, on ne lance des procédures qui auront un impact vraiment destructeur pour les relations entre les différents pays", a déclaré M. Kaczynski aux journalistes lors du sommet de l'Union européenne.
Le chef de l'Etat a rappelé que c'était pour parer à ce genre d'initiatives qu'il avait ordonné en 2004, lorsqu'il était encore maire de Varsovie, une estimation des pertes matérielles de la capitale polonaise durant l'occupation allemande de 1939 à 1945.
Le rapport avait chiffré à "au moins 45,3 milliards de dollars" les pertes dues à l'occupation de Varsovie qui avait provoqué une destruction de 80% de la ville et la mort de quelques 700.000 habitants.
Lech Kaczynski avait alors menacé l'Allemagne de réclamer cette somme si des revendications financières étaient adressées à la Pologne.

 

 

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Samedi 20 janvier 2007

Entre les Français et leurs élus au plan national le divorce est de plus en plus flagrant.  Trois faits majeurs en témoignent :

-         la masse croissante des abstentions lors des élections.

-         Le désaveu populaire infligé aux 90% de députés qui soutenaient le projet de constitution européenne.

-         Le rejet du CPE par la voix de millions de manifestants contre l’avis du chef de l’Etat, du gouvernement et de la majorité de l’Assemblée Nationale. 

 

Constater cela, c’est assez dire que la majorité des députés et des sénateurs, que le Président de la République et ses ministres ne sont pas représentatifs de l’opinion publique, c’est du même coup en conclure que le système qui leur a permis d’être en place est profondément vicié ;  qu’il est urgent de remanier démocratiquement nos institutions.  Ceci afin de faire enfin prendre en compte les revendications populaires tout en privant les tenants du Capital de pouvoir agiter les épouvantails de l’extrême droite ou de l’anarchie ;  de redynamiser la citoyenneté et d’en finir avec la démagogie des slogans : « tous pourris » ou «élections, pièges à cons ».

 

Les institutions reflètent le rapport de forces entre exploitants et exploités.  Elles ne sont pas immuables car le rapport évolue en fonction des luttes de classes.  Ainsi, au sortir de la seconde guerre mondiale, le rapport de forces étant favorable à la classe ouvrière, les institutions permettront la nationalisation de grands moyens de production, l’élargissement du secteur public, la création de la sécurité sociale, l’amélioration du code du travail etc…  Mais le capital n’a de cesse de vouloir récupérer ses pertes et d’accroître ses gains.  En 1958, le rapport des forces lui étant à nouveau favorable, les institutions changèrent.  Elles visaient un double objectif par le biais du nouveau système électoral : servir les intérêts des exploitants en maintenant une majorité favorable au système économique existant et empêcher toute volonté transformatrice de la société.

 

Dès lors tous les gouvernements qui se sont succédés ont poursuivi des choix politiques en faveur du capital.

 

1.      Le blocage et la baisse des salaires (suppression de l’échelle mobile des salaires) annoncée dès 1982, déclenchent un chômage massif.  Cette «armée de réserve » de chômeurs joue depuis le rôle de levier contre les aspirations et revendications populaires.

 

2.      Le détournement des missions publiques et collectives de l’Etat au seul profit d’une logique de «marché » et sa concrétisation par la démolition des services publics (santé, recherche …).

 

3.      La précarisation généralisée des conditions de travail et de l’emploi des jeunes salariés (TUC, CES, …)

 

4.      La liquidation de secteur public.  De fait, les nationalisations opérées dans le secteur productif concurrentiel en 1982 qui relevaient fondamentalement d’une logique idéologique, se sont transformées en une transposition  sociale-démocrate de la démarche de l’appropriation collective des moyens de production.  Ainsi, la suppression des aides financières publiques a poussé les entreprises nationalisées à se tourner vers les marchés financiers puis l’ouverture du capital à des apports étrangers.  Dès lors l’économie de marché a accentué la banalisation du secteur public et la décompositions de ses objectifs en faveur des usagers.

 

5.      La remise en cause du système de protection sociale française.

 

6.      La construction de l’Europe du capital visant à «institutionnaliser la «logique de marché », moteur du profit avec son lot de délocalisations d’entreprises, de misère et de surexploitation.

 

 

Un système électoral pervers qui étouffe les revendications populaires

1.      Le système du scrutin uninominal à 2 tours et l’élection d’un président de la République au suffrage universel, imposent aux électeurs un non-choix.

 

L’abandon du mode d’élection à la proportionnelle des représentants de l’Assemblée Nationale a définitivement éliminé les intérêts du peuple des choix politiques de cette Assemblée.

 

En effet, pour les candidats présents au second tour (législatives et Présidentielles), les compromissions sont nécessaires pour obtenir les voix des candidats malheureux.  Pour atteindre cet objectif, les promesses faites au 1er tour seront évacuées.  Dès lors, les mécanismes du capitalisme ne risquent pas d’être remis en cause par les 2 finalistes du 2ème tour.  Et pour compléter le dispositif, tout est prévu : là intervient le rôle dévolu à Le Pen et à l’extrême-droite, servant de défouloir, de dévoiement de colère au 1er tour et le cas échéant de repoussoir et d’épouvantail au second.  Aucun risque pour le capital.

 

Une fois élus, ces « représentants du peuple » voteront des lois, concoctées par le gouvernement, essentiellement défavorables aux travailleurs.  Ainsi l’Assemblée Nationale est, de fait, une caisse d’enregistrement des besoins du capital.

           

2.      L’inefficacité du rôle de l’Assemblée Nationale vis-à-vis du gouvernement

(l’Etat) est notoire.        

 

A ce sujet, l’exemple des débats parlementaires sur l’acte majeur que constitue l’examen de la Loi de Finances soumis par le gouvernement (les ministères et l’Elysée) est révélateur.  Pendant 6 mois, les modifications apportées par les députés sur le budget de l’Etat ne représente que 5% du projet initial !

 

De plus, en ramenant le mandat présidentiel à 5 ans, cette élection, précédant de quelques semaines celle des Législatives, imposez une dimension politique quasi monarchique dans notre pays.  Ceux d’entre eux qui ont accepté ou minoré cette modification institutionnelle majeure ont grandement participé à la dérive actuelle.  Quelle irresponsabilité d’appeler à l’abstention !

 

Dans ce cadre, les partis politiques institutionnels deviennent de véritables écuries de course qui recherchent un «leader » : pour, tout d’abord, atteindre le 2ème tour, puis obtenir le mandat suprême, et enfin se donner une majorité à l’Assemblée Nationale. 

 

 

3.  Le principe de se doter de représentants pour définir des choix politiques    

« nationaux » retire au peuple son pouvoir politique, une fois les élections passées.

 

C’est incontestable : la volonté populaire est interdite de parole pendant la durée de mandat des élus, d’autant qu’ils n’ont jamais de compte à rendre.

 

Ainsi le peuple, sur les grandes questions de société (services publics, privatisations, sécurité sociale, retraites, intérêts nationaux, santé publique, énergie, …) n’a pas été consulté.

 

Utilisant son seul recours, le mouvement social multiplie dans ce cas les journées de grèves et de manifestations.  A l’occasion des grèves contre les décisions gouvernementales visant notre système de retraites, J.P.Raffarin, rappelant où se situait le pouvoir politique, avait déclaré : « Ce n’est pas la rue qui gouverne ! ».  Cette formule a dû plaire à Dominique Strauss Khan qui écrivait dans son livre «la flamme et la cendre » :

 

« Du groupe le plus défavorisé, (ouvriers et employés NDLR), on ne peut malheureusement pas attendre de lui une participation sereine à une démocratie parlementaire.  Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois avec violence ».   

 

 

Mais l’appétit du profit du capital est insatiable.  Et pourtant, les institutions qui lui sont favorables ne sont pas sollicitables à l’infini.  D’une part parce que, définies dans le cadre de la nation, elles ont les limites de la constitution et se heurtent de plus en plus aux exigences de la mondialisation, d’autre part parce qu’elles provoquent la montée de la contestation populaire sous diverses formes (abstentions, grèves, manifestations, émeutes des banlieues etc…).  Ni les exploitants, ni les exploiteurs ne sont satisfaits des institutions en ^place.  Elles ne servent plus suffisamment les intérêts des premiers et desservent trop les intérêts des autres.  Voilà pourquoi le patronat a voulu échapper au cadre, devenu trop étroit pour lui, des institutions françaises en proposant une constitution européenne.  Voilà aussi pourquoi celle-ci a été refusée à plus de 65% des voix exprimées au référendum et pourquoi des millions de manifestants ont rejeté la proposition de loi sur le CPE.

 

Quand ceux d’en haut et ceux d’en bas sont mécontents des institutions en place, on peut dire que celles-ci sont révolues.  Il faut faire place à du neuf.  Evidemment les uns et les autres ne proposent pas les mêmes recettes pour changer la constitution.  Il est temps que nous avancions les nôtres sans attendre en convaincant notre peuple qu’aucun acquis des luttes ne pourra être durable si les institutions ne les garantissent pas.

 

 

Faire du neuf dans nos institutions

 

A notre sens les lois de la Nation  devraient répondre à trois principes fondamentaux : le gouvernement propose, le peuple tranche, les députés appliquent.

 

Pour qu’il en soit ainsi

 

1.      Un représentant de l’Assemblée Nationale ne doit en aucune manière négocier ses opinions pour être élu.  Il doit être élu à la proportionnelle tous les 5 ans.  Il peut être révoqué à tout moment par les électeurs pour non-respect des propositions qu’il a faites avant d’être élu ou tentative d’enrichissement personnel par utilisation de son mandat.  Il est détaché de son entreprise d’où il est issu le temps de son mandat qu’il réintégrera, s’il le souhaite, à la fin de celui-ci.

 

2.      Le Président de la République est élu par l’Assemblée Nationale.  Sa mission unique : défendre les intérêts du peuple, de la Nation au niveau international.  Il participe au conseil des ministres (le gouvernement).

 

3.      Le ministre, membre du gouvernement, dirige son ministère par le biais d’une commission.  Elle est constituée de fonctionnaires de l’Etat (spécialistes) pour 1/3 ; de représentants syndicaux et associatifs pour 1/3 ; de députés pour 1/3.  Elle prépare les lois fondamentales qui doivent être exposées clairement.

 

Les lois fondamentales sont (liste non exhaustive) :

 

-         Le droit au travail

-         Le droit à la santé, à  la sécurité sociale et à la retraite

-         Le droit au logement

-         Le droit à l’éducation et à la culture

-         Le droit aux transports et à l’énergie

-         Le droit à la sécurité populaire

-         Les garanties des travailleurs

-         Le droit à la justice collective et individuelle

-         La défense nationale

-         Les garanties des collectivités locales

-         Le droit à la sécurité alimentaire et de l’environnement

-        

 

4.      Ces lois fondamentales clairement rédigées sont votées, amendées, tous les 5 ans par le peuple.  A l’expérience l’exécutif ne peut plus être le législatif.

 

Elles font l’objet d’un débat public et politique pendant plusieurs mois sur un projet initial.  Les représentants politiques, syndicaux, associatifs y contribuent.  Le député, dans sa circonscription où il a été élu à la proportionnelle, participe aux débats.  Il transmet à l’Assemblée Nationale les remarques et opinions formulées.  Le gouvernement rédige les lois qui sont soumises au vote populaire.  Car le dernier mot appartient aux citoyens.

 

Elles s’appliquent à tous.  Les députés votent les décrets d’application pour les faire respecter.  Ils contrôlent les préfets représentants de l’Etat pour l’application des lois en liaison avec les commissions ministérielles.

 

En cas de rejet d’une ou plusieurs lois par la souveraineté populaire, le gouvernement démissionne.  L’Assemblée Nationale nomme un nouveau gouvernement.

 

5.      Les directions des entreprises publiques.

 

La mission du secteur public et nationalisé s’inscrit dans l’application des lois fondamentales.  Le conseil d’administration dirige.

 

Celui-ci est constitué de :

-         représentants du ou des ministères concernés ( 1/4 )

-         députés (1/4 )

-         des membres du comité d’établissement, représentants syndicaux élus ( 1/4 )

-         des représentants des usagers ( 1/4 )

 

Le directeur est élu parmi les membres du conseil d’administration pour 5 ans.  Les représentants des usagers sont élus par les usagers tous les 5 ans.  Les membres du comité d’établissement sont élus par les salariés de l’établissement tous les 5 ans.  Les salariés peuvent à tout moment remplacer leurs représentants.

 

Le directeur ne peut être remplacé que par le conseil d’administration.

 

6.      Les coopérations entre des nations souveraines

 

Après le vote des Français ( mais également celui des Néerlandais), la constitution européenne doit être définitivement abandonnée.  De plus, conformément à ce que déclaraient les promoteurs de ce texte («il reprenait et fusionnait en un seul traité, l’ensemble des textes mis en œuvre depuis l’origine de la construction/intégration européenne »), nous considérons les règles européennes comme caduques sur le plan politique.  La mise en place d’un marché unique, l’obligation de mise en concurrence de la plupart des activités économiques, le respect de critères budgétaires détruisant la solidarité dans les différents pays (etc…) ne doivent plus être considérées comme intangibles.  Le respect de la volonté populaire impose cette évidence. 

 

 

Conclusion

 

Le champ des propositions «utopiques » évoquées dans ce document est au coeur de tous les affrontements d’aujourd’hui entre le capital et le travail.  Pour ne pas retomber dans le piège de l’alternance il est en effet indispensable d’opérer des changements majeurs dans nos institutions.  Evidemment, les idées émises dans ce texte ne sont que des pistes proposées à la réflexion et au débat des acteurs du mouvement social afin que ces derniers les discutent, les enrichissent et même les contredisent.  En fait, il s’agit de travailler à l’élaboration d’un cahier de doléances, d’exigences politiques propre à rendre la parole au peuple et à celles et à ceux qui produisent les richesses et qui devraient avoir le droit de décider de leur répartition ;

 

 

 

Par Action communiste - Publié dans : Europe & institutions
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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
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