Action communiste

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Nous contacter : Yvette Genestal  < acotp@club-internet.fr >
Lundi 24 septembre 2007
Toutes les demandes de Laurence Parisot lors de l’université d’été du Medef ont été satisfaites par Nicolas Sarkozy. Il s'agit pour eux de faire payer ceux qui ont le moins, les salariés, et exonérer ceux qui ont le plus, les patrons.

CE COUPLE EST DANGEREUX


Dès l’été, l’impôt sur la fortune a été diminué, les tranches d’imposition les plus  élevées supprimées tandis que le SMIC stagnait. Les salariés, les retraités, sont constamment mis en accusation, de fainéantise pour les premiers, d'égoïsme pour les seconds. Sarkozy s’en prend aujourd'hui aux régimes spéciaux de retraites qui ne représentent qu’une infime partie des retraites. Mais il se garde bien d'évoquer ce que l'Etat et les patrons fraudeurs doivent aux caisses de retraite. Il condamne aussi les salariés qui partent en préretraite, mais pas les patrons qui se servent du système pour supprimer des emplois : au delà de 57 ans, la moitié des salariés du privé est en cessation d’activité.

En vérité, ce sont les conquêtes sociales de la Libération et de 36 qu’il veut remettre en cause au nom de la "compétitivité". Il réclame un assouplissement des 35 heures, sans contrôle, et met ainsi les salariés à la merci des chefs d’entreprises. Il propose des franchises médicales et incite donc les Français à se tourner vers les assurances privées, afin de démanteler à terme la sécurité sociale. Il veut aussi réduire les possibilités d’action des conseils de prudhommes. Rachida Dati, Garde des Sceaux aux dents longues, s'apprête à supprimer un conseil de Prud'homme sur trois, au nom de la "modernisation de la Justice".

Sarkozy a puisé ses forces dans la social-démocratie et son idéologie droitière. Le PS en soutenant le « oui » à l’économie de marché, en approuvant tous les reculs sociaux de l’Europe capitaliste a fait croire qu’aucune politique de gauche n’était possible dans ce pays, ruinant ainsi l’espoir de millions de salariés qui, désorientés, se sont tournés vers le populisme d'un président frôlant par moment l'hystérie. Conséquence de cette chienlit idéologique, certains socialistes, et non des moindres, ont répondu à l’appel de ce président  atlantiste et européiste.

Les mesures prises contre le monde du travail paraissent viser certaines catégories seulement (bénéficiaires des régimes spéciaux, fonctionnaires, notamment). Mais il s'agit en fait d'une attaque réfléchie, globale et frontale contre des acquis sociaux obtenus par les luttes et qui font encore de la France une exception dans le monde.

Nous ne nous cachons pas que la riposte tarde à venir, mais il semble que les travailleurs commencent à entrevoir ce qui les attend s'ls ne réagissent pas haut et fort. A cet égard, les prochaines semaines pourraient bien être cruciales.

AC


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Mercredi 27 juin 2007

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Repris du site d'EL DIABLO
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Samedi 2 juin 2007

« Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir »


    Nous nous adressons directement à vous amis polonais, car nous sommes convaincus que vous partagerez notre appel à la raison. Certaines nouvelles en provenance de votre pays nous inquiètent.
    Nous sommes des Français de toutes origines confessionnelles et politiques rassemblés pour défendre un devoir sacré : le devoir de mémoire. Notre association, Les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER), regroupe en France les survivants des volontaires engagés dans les Brigades internationales en 1936 ; des enfants de ces brigadistes dont beaucoup sont morts en luttant contre les troupes rebelles à la République ; des républicains espagnols contraints de fuir leur pays et des descendants de ceux-ci ; des amis de ces courageux « Volontaires de la liberté » ainsi que l’histoire les a qualifiés une fois pour toutes.
    Juillet 1936. La rébellion franquiste se déchaîne contre le gouvernement républicain espagnol légitimement et démocratiquement élu. Elle est conduite par le général Franco et a été préparée de longue date par les nazis. Elle reçoit le soutien immédiat de Hitler et de Mussolini. Le gouvernement républicain espagnol est isolé. Les puissances occidentales déclarent la politique de « non intervention ». Les bombes allemandes s’abattent aveuglément sur l’Espagne. C’est le massacre de Guernica immortalisé par Picasso.
    Face au déséquilibre des forces en faveur des fascistes, le gouvernement espagnol lance un appel à la solidarité internationale pour sauver la démocratie et la liberté. Venant de 54 pays, 35.000 hommes et femmes s’engagent alors dans ce qui demeure un événement majeur et unique du 20 ème siècle : les Brigades internationales.
    Parmi ces courageux combattants, 3.200 sont Polonais. Ils appartiennent à différentes confessions et à des courants politiques divers. Nombreux sont des juifs. Tous ont déjà perçu, avant les autres, les véritables desseins de Hitler exposés dans son livre « Mein Kampf ». Ils se sont levés quand d’autres se couchaient. Ils ont refusé quand d’autres acceptaient.
    Ils ont compris qu’à Madrid, il ne s’agissait pas d’une « simple » guerre civile mais des prémices d’une nouvelle guerre mondiale. Le plan était clair : en faisant main basse sur l’Espagne, Hitler isolait totalement la France et pouvait ainsi mettre en oeuvre ses plans barbares de domination sur toute l’Europe. Les brigadistes internationaux quittent l’Espagne en 1938. Le lendemain de leur départ sont signés les sinistres accords de Munich qui livrent la Tchécoslovaquie aux nazis.
    La Seconde Guerre mondiale pouvait commencer. Elle allait provoquer des millions de morts. La Pologne devra payer un lourd tribut à cette folie programmée. On retrouvera les anciens des Brigades internationales, en particulier en Pologne, aux premiers rangs de la lutte contre les nazis.
    Or, nous apprenons que les autorités de Varsovie qualifient aujourd’hui de « traîtres » à leur pays les survivants polonais des Brigades internationales et menacent d’annuler le supplément à leurs maigres pensions d’Anciens combattants. Des rues portant les noms de volontaires qui ont combattu dans la Brigade Dombrowsky (du nom du général communard tué en 1871 sur les barricades parisiennes) ont déjà été débaptisées.
    Renier ainsi ceux qui sont l’honneur de la Pologne n’est-ce pas se renier soi-même ? La Pologne ne mérite pas cela. L’honneur de ces brigadistes a été reconnu par les gouvernements espagnols dirigés, hier par M. Aznar, aujourd’hui par M. Zapatero. Après les années de plomb de la dictature franquiste, la nationalité espagnole a été attribuée à tous les brigadistes internationaux. Avec nous, ce sont toutes les forces politiques espagnoles qui protestent contre les décisions annoncées à Varsovie.
    Le président Jacques Chirac et le Parlement français unanime ont reconnu la qualité d’Ancien combattant aux brigadistes français tandis que le général de Gaulle, dès la Libération, avait élevé quatre brigadistes français au rang de Compagnons de la Libération, la plus haute distinction française au titre de la Résistance. Parmi eux, le colonel Henri Rol-Tanguy, le libérateur de Paris avec le général Leclerc.
    Nous l’affirmons devant l’opinion publique polonaise : la volonté exprimée par les autorités de Varsovie ne constitue pas seulement une « négation », une « révision » de l’histoire. Il s’agit d’une dangereuse entreprise visant à jeter un voile sur une démarche plus générale foulant aux pieds ce que le passé contient de plus noble ; c’est aussi nier les valeurs constitutives de l’Union européenne, un socle commun mis en place pour en finir à jamais avec la guerre, pour cultiver la liberté et la démocratie.
    Notre démarche publique, amis polonais, ne constitue donc en rien une intervention dans les affaires intérieures de votre pays. Nous sommes tous Européens. Nous appartenons désormais à la même famille.
    Après la Seconde Guerre mondiale, des régimes aujourd’hui disparus ont été mis en place, notamment en Pologne. Le jugement que l’on peut porter sur ceux-ci ne peut en aucun cas être assimilé avec les événements de 1936. Nous devons à la Résistance de vivre libres. Il est un devoir sacré pour tous les démocrates de ne pas laisser porter atteinte à ce fait historique.
    Nous appelons les autorités polonaises à renoncer aux mesures « révisionnistes » en cours d’élaboration. Nous pensons à ces femmes et à ces hommes, honneur de la Pologne. Nous pensons aussi que la Pologne doit donner une autre image d’elle-même en Europe, une image qui soit conforme aux valeurs réunissant les peuples européens. En voulant rayer de l’histoire les brigadistes polonais, les autorités polonaises mettent la Pologne à l’index de l’Europe. Il n’est pire service à rendre à votre pays.
    Nous appelons au respect de l’histoire. La Pologne ne peut échapper à cette vérité : celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.
    Respect et hommage doivent être rendus à ceux qui se sont levés avant l’aube. Respect et hommage aux brigadistes de tous les pays, à ceux venus de Pologne en particulier. Aux survivants et à leurs familles nous adressons notre solidarité et nos remerciements. Ils nous permettent aujourd’hui de vivre sans chaînes aux mains ni boulets aux pieds.
    Nous savons que nombreux, parmi le peuple polonais, sont celles et ceux qui préfèrent la lumière aux ténèbres, la vérité au mensonge, le désir d’aller de l’avant plutôt que d’être tirés vers un dangereux et triste passé. Nous leur tendons la main.



Les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER). Paris.

www.acer-aver.fr



Lise London-Ricol, Présidente d’honneur de l’ACER, Officier de la Légion d’Honneur, ancienne brigadiste en Espagne, déportée et Résistante, veuve d’Artur London, ancien Brigadiste, déporté-Résistant, victime de procès stalinien à Prague, auteur de « l’Aveu ».


Cécile Rol-Tanguy, Présidente d’honneur de l’ACER, Chevalier de la Légion d’Honneur, Résistante, veuve du colonel Henri Rol-Tanguy, ancien Brigadiste, co-organisateur de la libération de Paris (25 août 1944) avec le Général Leclerc.


François Asensi, co-président de l’ACER, député, fils de combattant républicain espagnol.

José Fort, co-président de l’ACER, journaliste, fils de brigadiste.

Jean-Claude Lefort, co-président de l’ACER, député, fils de brigadiste.

Pierre Rebière, secrétaire général de l’ACER, fils de Brigadiste (fusillé par les nazis en 1942)



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Mercredi 16 mai 2007


Une présidentielle pour le MEDEF


    Quel qu’ait été le résultat du second tour des élections présidentielles, le grand patronat était assuré d’avoir un Président de la République à son service. Les médias à la solde du MEDEF et le système électoral taillé à la mesure des intérêts de celui-ci n’offraient de choix possible qu’entre N. Sarkozy et S. Royal. L’électorat de gauche ayant été déboussolé par les dérives droitières d’un PS qui n’est plus de gauche et par les abandons de classe d’un PCF moribond, Sarkozy a été élu. Avec lui le MEDEF espère atteindre ses objectifs à marche forcée et à visage découvert. Avec Royal il n’aurait pu le faire - teinture de gauche oblige – que sous le couvert de mesures sociétales. Dans les deux cas ses desseins auraient été servis à savoir : relancer l’Europe au détriment de la Nation afin de dévaloriser le travail au moindre risque d’explosion sociale. En effet les deux présidentiables étaient d’accord sur la nécessité d’une constitution européenne pourtant désavouée par une majorité de Français. Aucun des deux ne proposait une revalorisation réelle des salaires. L’une ne proposait qu’une hausse progressive du SMIC sur 5 ans quand l’autre n’avait pour mot d’ordre que « travailler plus pour gagner plus ». Ni l’une ni l’autre ne proposait de mesures contre les délocalisations et le démantèlement des services publics. En fin de compte et quelque soit l’issue du scrutin le grand patronat bénéficiait d’une baisse globale de la masse salariale.

    Les difficultés déjà insurmontables des travailleurs, des chômeurs, des retraités et des jeunes vont s’aggraver. Ce d’autant qu’il n’y a rien de bon à attendre d’élections législatives placées par la constitution dans la foulée des présidentielles afin de doter le Président de la République d’une majorité lui permettant de mener à bien une politique antidémocratique et antisociale. Dans ces conditions, rien n’est plus nécessaire et urgent que de développer et d’intensifier les luttes contre les mauvais coups du Pouvoir et du grand patronat. Mais l’efficacité de celles-ci dépend de la lucidité de ceux qui la mènent. C’est pourquoi il est de la plus haute importance de travailler à la reconstruction d’un Parti Communiste capable de clarifier les enjeux à partir d’une analyse de classe, de proposer un projet de société garantissant le progrès économique, social et démocratique débouchant sur une stratégie d’union du peuple de France et renonçant par là-même aux accords d’états-majors politiques uniquement fondés sur des intérêts électoralistes.


Action communiste

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Mercredi 16 mai 2007


DERRIERE L'ECOLOGIE...


Le 4e rapport du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'évolution du climat (GIEC), présenté à Paris le 2 février 2007 indique que l'augmentation de la température moyenne de la terre aurait atteint 0,6° depuis 1861, avec une incertitude de plus ou moins 0,2°, et que le XXe siècle aurait « probablement » connu le réchauffement le plus important depuis un millénaire. D'où la conclusion selon laquelle il est « très probable » (90%), quoique non « quasiment certain » (99%), que ce réchauffement soit dû pour partie aux activités humaines par rejets de gaz à effet de serre (GES). « Pour partie » seulement parce qu'il existe aussi des facteurs astronomiques du changement climatique : les paramètres orbitaux de notre planète sont perturbés de manière cyclique par les autres corps célestes du système solaire, la lune et Jupiter principalement. La résultante de ces perturbations est une glaciation tous les 100 000 ans environ ; à noter que la configuration du système solaire et son évolution prévisible ne permettront pas l'entrée dans une phase de glaciation avant 50 000 ans.


Le GIEC prévoit également d'ici à 2100, un réchauffement compris entre 1,8° et 4° – ce sont les « valeurs les plus probables » (en 2001, la fourchette était plus large). Mais le GIEC n'exclut pas totalement des valeurs situées entre 1,1° et 6,4° C, même s'il privilégie l’estimation centrale de 3° C. Les écarts entre les valeurs hautes et basses sont liés aux incertitudes sur les mesures qui seraient prises dans les pays les plus polluants en matière climatique. C'est ainsi que l’évaluation de la montée du niveau des mers se situe dans une fourchette de 18 à 59 cm d'ici la fin du siècle. Mais les experts n'excluent pas 10 cm de plus si la fonte récente des glaces polaires se poursuit. Total : 69 cm dans l'hypothèse la plus haute (à noter qu'en 2001, cette valeur était estimée à 89 cm). En outre, le GIEC attire l’attention sur le fait que le réchauffement devrait se poursuivre inexorablement pendant plusieurs siècles en raison des immenses inerties « biosphérales » (1). Autrement dit, même si les taux de GES dans l'atmosphère étaient aujourd’hui stabilisés – ce qui est très loin d'être le cas – les tendances lourdes ne seraient pas stoppées pour autant. De la même manière, la hausse du niveau des mers persisterait pendant au moins mille ans (2).


Ces deux derniers points sont essentiels pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui aux plans politique et médiatique en matière de lutte contre le réchauffement. C’est du reste cette question des inerties « biosphérales » qui faisait dire dès mai 2004 au directeur de l'Environnement de l'OCDE, Lorents Lorentsen : « (...) il est déjà trop tard pour contrer certaines modifications du climat causées par les activités humaines. Autrement dit, les politiques visant à réduire les émissions de GES devront s'accompagner d'autres mesures pour nous aider à nous adapter aux effets du changement climatique ».


Certes, les effets potentiels du réchauffement désormais inévitable sont inquiétants. Les possibles conséquences socio-économiques sont nombreuses. Avant la publication du 4e rapport du GIEC, elles avaient été pointées en octobre 2006 dans le « rapport Stern », du nom d’un ancien économiste de la Banque Mondiale. Celui-ci indiquait que si « nous » ne faisons rien contre le réchauffement climatique, l'économie des pays industrialisés, donc l'économie mondiale, s’effondrerait ! Nicholas Stern prévoyait un baisse de 20% de la production économique et la multiplication de conflits de survivance meurtriers. L’auteur évaluait le coût de la lutte contre les émissions de GES à 1% des richesses produites dans le monde, ce qui est beaucoup ; mais affirmait qu’à l’inverse, la passivité provoquerait catastrophes économiques, sociales et politiques qui pourraient coûter 20 fois plus (5500 milliards de dollars).


Mais ce rapport – dont l'esprit de nuance n'est pas la qualité principale – esquive, entre autres, la question cruciale des inerties biosphérales, autrement dit le mouvement déjà enclenché. Du coup, depuis sa publication notamment, la question des responsabilités individuelles dans le domaine du réchauffement fait l'objet d'une extraordinaire agitation médiatique, et ce dans le monde entier. Le WWF, puissante organisation de collecte de fonds (dont l'un des fondateurs, le Républicain nord-américain Russell Train, défendit mordicus la firme Union Carbide, responsable des 12 000 morts de Bhopal en 1984), fait à l'idée ancienne d'« empreinte écologique » de chacun une publicité très efficace : il s'agit de démontrer que nos modes de vie exigeraient, si nous n'y mettions un frein, les ressources de plusieurs planètes Terre.


Cette campagne n’est peut-être pas totalement innocente. Tout se passe comme si l’on voulait focaliser l’attention sur la « responsabilités » des individus, et éluder les comportements et choix des firmes multinationales. Or, en France par exemple, les ménages sont responsables de 13 % seulement des émissions nationales de GES ; les véhicules individuels le sont pour 14 %, soit 27 % au total (2). Tout le reste (73 %) est imputable aux activités agricoles, commerciales et industrielles. Plus précisément, il convient d'observer les effets extrêmement néfastes de la mondialisation et des délocalisations en matière de circulation des marchandises et des produits en cours d’élaboration : leur transport est un désastre en matière d'usage des combustibles fossiles. A l’inverse, il faut replacer dans des limites raisonnables l'efficacité d'éventuels changements de comportements individuels, et s’interroger sur la bonne foi de certains acteurs. Ainsi, l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) n’hésite pas à inclure dans la responsabilité des ménages les « immobilisations », c'est-à-dire les GES rejetés lors de la fabrication des matériaux de construction pour l'immobilier, ou des émissions de CO2 dues aux conditions des productions agricoles consommées par chacun. L'ADEME aboutit ainsi à faire peser sur les seuls individus la majeure partie des responsabilités en matière de réchauffement climatique et d'épuisement des ressources énergétiques.


En outre, la question du réchauffement fait toujours surgir celle de l'épuisement des combustibles fossiles à relativement court terme : entre 50 et 100 ans. Or les choix économiques dominants ne mettent guère les économies d'énergies fossiles à l'ordre du jour. Pour ne prendre que le seul exemple français, on prévoit le doublement des transports routiers d'ici à 2020 ; dans le même temps, le réseau ferré français est aujourd'hui revenu à son niveau de… 1875, et la SNCF organise même sa propre concurrence avec ses filiales de transport routier. Mais ce sont encore les individus, désignés comme consommateurs forcenés, qui devraient faire les efforts nécessaires. Au besoin, on les « aidera » par des taxations « écologiques ». En revanche, les entreprises ne sont guère dans le collimateur : ne doivent-elles pas produire à des prix « compétitifs » ?…


Et voilà bien tout le paradoxe : alors qu’il pourrait être raisonnable de réfléchir à une démondialisation de l'économie et à la relocalisation des activités industrielles et agricoles, l’on entend au contraire qu’il faut se préparer à l’inéluctable déclin économique du Vieux Continent. Cerise sur le gâteau, c’est le thème bien connu du « freinage écologique » de la consommation et des productions agricoles et industrielles qui vient appuyer cette « fatalité ». On se croirait revenu à l'époque du premier rapport au Club de Rome (« Les limites de la croissance », 1972), qui tentait de remettre le malthusianisme à l’ordre du jour... A l'époque déjà, l'indexation du prix du baril de brut sur les fluctuations de la monnaie américaine avait constitué, divine surprise, un formidable tremplin pour les mouvements écologistes en Europe, qui tous stigmatisaient la « société de consommation », applaudis sans vergogne par Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre (4)


Ultime bénéfice idéologique : sauver la planète constituerait une raison supplémentaire d’aller vers une « gouvernance mondiale » supranationale, et justifierait a fortiori l'intégration européenne, puisque « les pollutions n'ont pas de frontières ». Comme si la coopération entre pays souverains n’était pas mieux à même de relever les défis planétaires. Bref, les travaux honnêtes des climatologue du GIEC tombent à point nommé pour servir des intérêts qui ne le sont aucunement.

Pascal Acot


Cet article est initialement paru dans le mensuel « Bastille-République-Nation ».

Pascal Acot a publié en 2006 : « Catastrophes climatiques, désastres sociaux », aux Presses Universitaires de France.

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(1) La biosphère comprend l’espace qui abrite le vivant. Sa masse considérable et sa complexité induisent une forte inertie dans les évolutions dont elle est l’objet.

(2) En fait, l'unanimité n'est pas totale. Certains considèrent que le réchauffement pourrait augmenter la couverture nuageuse dans de nombreuses régions du globe, ce qui limiterait les effets du rayonnement solaire, et qu'il ne faut donc pas sous-estimer cet effet "parasol". Il reste que l'immense majorité des scientifiques se situe en harmonie avec les travaux du GIEC

(3) Institut Français de l'Environnement.

(4) Cf. Valéry Giscard d'Estaing, Démocratie française, Paris, Fayard, 1975 ; Raymond Barre, Programme de Blois, Paris Fayard, 1978



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Vos réactions

  • 11/06/2009 22:47:03
    UE
  • 28/05/2009 18:58:27
    UE
  • 24/05/2009 16:19:25
    UE
  • 21/05/2009 21:33:16
    UE
  • 02/05/2009 17:31:37
    Le 29, et après ?

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